Tour des deux Amériques sur un voilier

24 mai 2017

Croisière d'hiver en Dalmatie du 11 au 18 février 2017. 15 février, de Luka Polace (Mljet) à Dubrovnik. Vidéo.

De Luka Polace (Mljet) à Dubrovnik 150217

Croisière en voilier de Vodice à Dubrovnik et retour du 11 au 18 février 2017, en passant par Split, Hvar, Korcula et Mljet. Départ de Luka Polace, baie très protégée au nord-ouest de l'île Mljet, passage du Lopudska Vrata, puis arrivée à Gruz, le port de Dubrovnik où nous passerons la nuit. La partie filmée dans le port de Gruz est un "accident", la caméra ayant été posée sur la table du cockpit en marche.

Sailing from Vodice to Dubrovnik and return from 11th to 18th February 2017. Departure from Luka Polace (on Mljet Island), on the way to Dubrovnik where we will spend the night. Arrival at Gruz (Dubrovnik). 

Photo et vidéo : Philippe Bensimon.

De Luka Polace à Dubrovnik 15 février 2017

 


21 mai 2017

Croisière d'hiver en Dalmatie du 11 au 18 février. Mercredi 15 février, de Mljet (Luka Polace) à Dubrovnik. Visit of Dubrovnik

Sortie de Luka Polace 150217

Okulkje, entrée de la baie 150217

Mercredi 15 février 2017. Réveil difficile. Les doutes que j’avais concernant la viande des spaghettis bolognaise d’hier soir sont confirmés. Mes compagnons heureusement ont mieux digéré que moi ce qui était peut être un hachis à base d’abats. A 8h47, le ciel est pur ; des toutes petites vaguelettes animent la baie très fermée de Luka Polace où nous sommes arrivés cette nuit. Mathilde va au balcon avant rejoindre les enfants, Mani et Kéoni, ainsi que Pierre occupé à la baille à mouillage. Je prends la barre le temps de relever l’ancre. A 9h13, Mathilde est à la barre à la sortie est du fjord de Luka Polace. Le ciel est bleu, sans un nuage. A 11h17 on entre dans le fjord d’Okulkje, sur la côte nord de Mljet. Le petit sous-marin rouge pour touristes qui y est parfois amarré a disparu. 

Okulkje, amarrage sur pendille 150217

Je propose à Guillaume de faire une prise de quai par l’arrière sur pendille, après un cercling pour positionner le bateau. C’est une manœuvre qu’il n’a encore jamais faite à la barre. Toutes les places de ponton sont libres, et nous choisissons celle à côté du market, près du restaurant Marin. A la seconde tentative, Guillaume réussit sa manœuvre, les équipiers fixent les aussières et la pendille, et à 11h45 tout le monde débarque pour aller faire à pied un petit tour de la baie. 

Okulkje, mollusques bivalve 150217

Le fond de celle-ci n’est pas très profond, et nous y repérons des coquillages bivalves qui nous semblent énormes - une vingtaine de centimètres de diamètre. Ils sont dressés verticalement sur le fond. Au bout d’un quart d’heure de marche je propose à mes amis de continuer seuls. J’ai envie de faire quelques photos et de retourner travailler à bord une demi-heure. A leur retour – ils prendront le temps de faire le tour complet de la petite baie - nous reprendrons directement la mer : le déjeuner sera pour l’arrivée à Dubrovnik.

 

Okulkje 150217

A 14h50 nous franchissons la passe au nord de Lopud pour accéder au chenal entre les îles qui, le long du continent, va nous conduire jusqu’au port de Dubrovnik. Les enfants profitent de la petite heure de navigation qui nous reste pour se reposer et réviser les noeuds.

Près de Lopud 150217

En route pour Dubrovnik 150217

Ecole de nœuds 150217

Arrivée à Grüz 150217 2

A 15h55 nous sommes à l’entrée de Grüz, le port de Dubrovnik. Mathilde est à la barre, nous sommes à la recherche d’une place. Nous la trouvons à l’arrière de la caraque, la même place que nous avions occupée en avril 2016. Je propose à Mathilde de garder la barre pour ranger le bateau le long du quai, mais elle préfère me repasser les commandes. La manœuvre est exécutée sans accroc. Pierre saute à terre fixer le bateau avec la pointe arrière, tandis que Mathilde s’occupe de la pointe avant ; Guillaume rectifiera ensuite la pointe avant en la passant en double. On n’ira pas jusqu’à fixer les gardes : descendu sur le quai je me rends compte qu’on est en plein sur les emplacements de bateaux qui organisent des sorties dans les îles. 

Arrivée à Grüz 150217 1

Arrivée à Grüz 150217 3

Arrivée à Grüz 150217 4

 

Arrivée à Grüz 150217 5

Arrivée à Grüz 150217 6

Déjeuner à bord de l'Alma 3 à Grüz 150217

Ca m’étonnerait qu’ils fonctionnent beaucoup en février, mais je vais quand même faire déplacer le bateau. Guillaume à terre m’aide avec une aussière à dégager l’avant du bateau du quai et nous voilà repartis pour quelques mètres. Parvenus hors de la zone de débarquement des vedettes de touristes, nous amarrons de nouveau le bateau. Par précaution, je vais héler les occupants de la grosse vedette de la Policija stationnée juste devant nous ; ils me confirment que je peux sans problème passer la nuit à cet emplacement. Nous finissons l’amarrage du bateau, et à 16h30, tout est en ordre.

La Policija à couple à Dubrovnik 150217

Entre temps, une seconde vedette de la police est arrivée, qui s’est mise à couple de la première. C’est gentil de leur part : il y a de grandes chances pour qu’ils nous aient cédé leur place pour la nuit. Vingt-cinq minutes plus tard, nous sommes tous dans le cockpit, attablés devant une salade de riz, maïs et olives. Les assiettes blanches font un joli effet sur le vernis profond de la large table du cockpit. 

Nous débarrassons  le cockpit de tout ce qui peut être volé (manivelles de winch, jumelles, etc.) et nous apprêtons à partir passer la soirée dans la vieille ville.

Visite de Dubrovnik 150217 1

Visite de Dubrovnik, le bus n°1 150217

A 18h35 nous sommes dans le bus qui nous déposera devant le pont donnant accès à la vieille ville. De mémoire c'est le n°1 – dernier bus pour revenir au port à 1h du matin. La nuit est tombée. Prendre le bus est pratique : l’arrêt est juste à côté du bateau. Un quart d’heure après, nous arpentons la Placa (aussi appellée Stradun), l’artère principale de la vieille ville qui part de la fontaine d’Onofrio en direction du beffroi.

Visite de Dubrovnik 150217 2

Visite de Dubrovnik 150217 5

Visite de Dubrovnik 150217 6Visite de Dubrovnik 150217 7Visite de Dubrovnik 150217 4

Spritz à l'Aperol à Dubrovnik 150217 2

Nous sommes accostés par un vendeur, qui nous vante les mérites de son restaurant. Pour un peu, il nous y conduirait directement. Prudents, nous déclinons son invitation et refusons de nous engager. J’ai le souvenir début août 2014 d’avoir très bien dîné dans une des rues parallèles à la Placa qui sont un peu plus haut sur la colline. Le steak de thon avait fait l’unanimité des convives et j’espère retrouver l’endroit. A défaut, les restaurants ouverts dans ces petites rues lors de notre croisière de Pâques 2016 feraient bien notre affaire. 

Apéritif à Dubrovnik 150217 3

Peu après sept heures notre petit groupe éclate, chacun explorant la ville à son allure, et au gré de son inspiration. De mon côté, après avoir pris quelques photos j’aspire à un Spritz. Nous nous sommes donnés rendez-vous au grand café à côté de la statue pensive de Marin Drzic (né à Raguse – ancien nom de Dubrovnik – en 1508, et mort à Venise en 1567, Marin Drzic est considéré comme le plus grand prosateur et dramaturge de la République de Raguse. Source : Wikipédia). Je m’y installe avec délice à une petite table le long de la balustrade. On est dans le sud (Dubrovnik est à la même latitude que Bastia et Perpignan) et je savoure la douceur de cette soirée. Peu avant vingt heures, je suis rejoint par mes équipiers, et nous émigrons vers une table plus grande. 

Visite de Dubrovnik 150217 8Marin Drzic à Dubrovnik 150217

Boutique à Dubrovnik 150217

Nous resterons une quarantaine de minutes dans cet endroit accueillant, avant de nous mettre en quête de notre restaurant. Las, les restaurants des rues hautes sont tous fermés ce 15 février. Après avoir parcouru de nombreuses ruelles et admiré une échoppe où sont vendues des maquettes de bateaux, nous finissons par reconnaître que le rabatteur qui nous a accosté sur la Placa nous a sans doute indiqué le seul endroit ouvert à Dubrovnik. Nous redescendons, et échouons vers 21h dans son restaurant ou, comme prévu, nous finirons par mal manger et payer cher un repas quelconque. 

Dîner à Dubrovnik 150217

Pas grave, Dubrovnik restera toujours dans mon souvenir comme un endroit magique. Nous quittons le restaurant vers 23h pour regagner l’arrêt du bus qui nous redescendra vers le port de Grüz. En montant le Stradun nous repassons devant des structures bizarres et des échafaudages qui m’avaient fait penser en début de soirée qu’on rénovait une ancienne porte de la ville. En nous approchant, nous constatons que les structures sont en plastique. Les colonnes n’en n’ont que l’apparence ; ce sont juste des demi cylindres, destinés à être vus d’un seul côté. Interrogé, un policier qui patrouille sur l’avenue nous explique que ce sont les décors du Robin des Bois qu’on tourne en ce moment à Dubrovnik.

Dubrovnik, ruelle, 150217

Visite de Dubrovnik 150217 8

Wednesday, 15 February. Departure around nine a.m. from Luka Polace (Mljet). We make first stopover in Okulkje, very beautiful cove very sheltered on the north coast of Mljet. Guillaume is at the helm, it's his first docking by the back with mooring line. Visit of the bay by foot for the crew, then departure towards Dubrovnik. We arrive at the port of Grüz (Dubrovnik) around 16:00. Lunch on board, then we leave by bus (bus n ° 1) to visit the medieval old town, very beautiful. We take an aperitif near the statues of Roland and Marin Drzic, then go to dinner at 9pm in the only open restaurant. On that day, there were movie sets in place for the shooting of the next Robin Hood.

Visite de Dubrovnik 150217 3

Photos : Sortie de Luka Polace 150217 ; Okulkje, entrée de la baie 150217 ; Okulkje, amarrage sur pendille 150217 ; Okulkje, mollusque bivalve 150217 ; Okulkje, la baie 150207 ; Près de Lopud 150217 ; Entre Okulkje et Dubrovnik 150217 ; Révision des nœuds à bord de l'Alma 3 150217 ; La vedette de la Policija à Grüz 150217 ; L'entrée du port de Grüz 150217 ; Port de Grüz, à la recherche d'une place 150217 ; Port de Grüz, le Bavaria 44 Alma 3 à quai 150217 (1 à 3) ; Port de Grüz, déjeuner dans le cockpit 150217 ; Port de Grüz, le Bavaria 44 Alma 3 à quai 150217 (3) ; Dubrovnick, la Placa 150217 ; Dubrovnik, dans le bus n°1 150217 ; Dubrovnik, le beffroi 150217 ; Dubrovnik, visite et détails 150217 (1 à 3) ; Dubrovnik, le port médiéval 150217 ; Dubrovnik, Spritz à l'apéritif 150217 (1 à 3) ; Marin Drzic, 150217 ; Dubrovnik, ici on vend des maquettes de bateaux 150217 ; Dubrovnik, dîner au restaurant 150217 ; Dubrovnik, rues et ruelles, 150217 (1 à 5). Auteur : Philippe Bensimon.

Dubrovnik, décors de

Ruelle de Dubrovnik 150217

 

05 mai 2017

Croisière d'hiver en Dalmatie du 11 au 18 février. Mardi 14 février, départ de Korcula, en route pour Luka Polace (Mljet)

Départ de Korcula 14 février 2017

Croisière en voilier de Vodice à Dubrovnik et retour du 11 au 18 février 2017, en passant par Split, Hvar, Korcula et Mljet. Départ de Kocula à 17h, en route pour Luka Polace (Mljet) où nous passerons la nuit au mouillage. Sailing from Vodice to Dubrovnik and return from 11th to 18th February 2017. Departure from Kocula at 5pm on the way to Luka Polace (Mljet) where we will spend the night at the anchorage. 

Photo et vidéo : Philippe Bensimon

Départ de Korcula au crépuscule 140217

01 mai 2017

Courants océaniques : les veines de la Terre

La circulation océanique, schéma

Je viens de visionner un superbe documentaire créée par Oceanize au sujet des courants océaniques profonds : https://www.youtube.com/watch?v=zxdIEX1VMZk&t=1343s

Durant 10 000 ans, notre maison a vécu une grande stabilité climatique, permettant un climat tempéré et le développement considérable de notre espèce.

Cette stabilité climatique, dont les scientifiques depuis peu ont découvert une des provenances majeures, est en grande partie due à d’immenses courants océaniques à 4.000 m de profondeur dans la mer.

Ce phénomène met en avant un cercle vicieux dommageable à notre survie sur cette planète. Le réchauffement de la Terre a pour conséquence de provoquer la fonte de la calotte glacière. Les icebergs, immenses réservoirs d’eau douce, en fondant font chuter de façon alarmante la salinité de la mer. Or c’est le sel qui permet de créer des eaux lourdes, qui forment aux fond des océans les courants océaniques qui parcourent toute la planète. Ce cheminement très lent des courants océaniques profonds chargés d’eau salée à travers tous les océans est un des plus grands régulateurs climatiques de la planète. Ce sont ces courants qui permettent au Gulf Stream de nous procurer notre climat tempéré et de refroidir également les eaux tropicales.

Ces courants voient le jour en Arctique, là où le Gulf Stream plonge sous les eaux,  pour atteindre, 2000 ans plus tard, l’immense fosse des Kermadec dans l’océan Pacifique. 

Le réchauffement climatique a déjà dans certaines régions du globe perturbé ces courants en les affaiblissant, car les eaux lourdes accusent une baisse de salinité qui les empêche d’atteindre le fond des océan. Actuellement, cette masse d’eau ne parvient plus à atteindre les 4.000 m de profondeur et reste péniblement à 1.000  m. Ce phénomène de désalinisation des océans ralentit considérablement la circulation océanique et peut avoir comme conséquence une nouvelle glaciation. Au cours des 2.000 dernières années ces courants océaniques profonds ont joué leur rôle de régulateur climatique de la planète. L’enfoncement des eaux salées participe à un équilibre extrêmement précieux. Mais qu’en sera-t-il de cet équilibre demain ? 

En 1970, quatre cents icebergs se détachaient chaque année de la banquise. En 1990, plus de mille étaient comptabilisés…

Je vous conseille vivement de prendre quelques minutes pour visionner cette vidéo extrêmement utile à la compréhension de notre devenir. Evelyne Chadaigne

30 avril 2017

Croisière d'hiver en Dalmatie du 11 au 18 février. Mardi 14 février, de Hvar à Mljet (Luka Polace). Visit of Korcula

Lever du soleil sur Vela Garska 140217 1

Lever du soleil sur Vela Garska 140217 3

Lever du soleil sur Vela Garska 140217 4

Mardi 14 février : Réveil à Vela Garska à 7h. Guillaume s’est levé quelques minutes après moi, Mathilde et Pierre vers 7h25. A 7h30 je prends l’annexe avec Guillaume pour aller décrocher l’aussière fixée à terre, manœuvre très rapide qui se fait en se servant de l’aussière comme d’un câble de téléphérique. Le moteur a déjà été rangé hier soir, ce qui fait qu’à peine de retour à bord et l’annexe hissée à plat pont à l’avant du mât, nous sommes prêts à partir. Le soleil effleure déjà de ses rayons la pinède qui borde la calanque. Le ciel est bleu ; il a la pureté des ciels d’hivers, avec des teintes que l’on ne retrouve pas en été, des pastels allant jusqu’au rose sur la ligne d’horizon.

 

Lever du soleil sur Vela Garska 140217 5

Lever du soleil sur Vela Garska 140217 9Lever du soleil sur Vela Garska 140217 8

Lever du soleil sur Vela Garska 140217 10

Vela Garska, Mathilde et Pierre lèvent l'ancre 140217

 

Vela Garska, la Konoba Mareta 140217 2

A 8h20 Mathilde et Pierre sont au guindeau, prêts à lever l’ancre. On est partis ! Nous laissons dans la lumière du matin la petite Konoba (taverne) Mareta, nichée dans une anse de la calanque : une toute petite maison avec une table et un parasol, et une petite barque blanche amarrée à côté. A se demander comment un tel commerce peut exister dans un endroit aussi désert. Nous sommes en route pour Korcula, la cité natale de Marco Polo, puis Mljet, une grande île très allongée où nous passerons la nuit.

Vela Garska, la Konoba Mareta 140217 1

Vela Garska, départ 140217 1Lever du soleil sur Vela Garska 140217 11

Vela Garska, départ 140217 2

Vela Garska, départ 140217 3

Vela Garska, départ 140217 4

Vela Garska, départ 140217 5

Mathilde est à la barre depuis la sortie de Vela Garska. Le temps est magnifique, il n’y a pas un nuage dans le ciel. On n’a pas de vent du tout malheureusement ; la mer est plate le long de la côte sud de Hvar. Nous sommes au moteur, comme d’habitude à 5 kt. Nous repassons devant le petit port de Hvar que nous avons visité hier. A 9h nous passons au sud d’un îlot surmonté d’une maison blanche à deux étages, au toit de tuile sommé d’un phare : Otok Pokonji Dol.

Pêcheur entre Vela Garska et Hvar, 140217Otok Pokonji Dol 140217 1

Otok Pokonji Dol 140217 3

Nous touchons là un peu de vent. Cela nous permet de gonfler les voiles et de monter à 6 nœuds à cinquante degrés du lit du vent dans le cap 135° (mais avec la déviation nous devions être plutôt sur du 138 ou du 140), en gardant toutefois le moteur au ralenti à 1200 trs/mn. Vers 10h Ksenija Labor me téléphone, pour me dire que l’impossibilité que nous avons eue avec ma carte bleue de laisser la caution samedi au bureau d’AYC était liée à un problème dans leur terminal. Nous règlerons la caution par carte lors de notre prochaine étape à Vodice – samedi prochain avant de repartir dans le nord – et Ksenija me rendra le liquide que je lui ai laissé. A 10h23 je fais un point, qui montre que nous sommes un peu trop à l’ouest par rapport à l’îlot Plovika. Je devrais prendre un cap 101° pour corriger, mais je rajoute +9° à ce cap pour mettre un peu de vent dans le génois et tenir un près très serré – nous avons comme souvent le vent dans le nez du bateau. On va longer la côte nord de Korcula. A 10h45 je passe au cap 087° pour suivre la côte, en direction de la passe qui mène à la ville de Korcula. 

Préparation des dorades à bord de l'Alma 3 140217

Déjeuner à bord de l'Alma 3 140217

A 11h50 je me lance dans la préparation des dorades : après que Pierre les ait vidées, je vais les farcir d’origan, et les faire cuire au four sur un lit d’oignons et de vin blanc. On a quatre belles dorades pour six personnes ; de toute façon le plat qui va au four n’en contiendrait pas plus. A 13h tout le monde est à table. A 13h46 nous sommes dans l’entrée du Canale di Sabbioncello qui sépare Korcula de l’île de Peljesac plus au nord ; sur cette dernière, presque en face de la vieille cité de Korcula se trouve la ville d’Orebi.

L'entrée du Canale di Sabbioncello 140217 2

L'entrée du Canale di Sabbioncello 140217 3

L'entrée du Canale di Sabbioncello 140217 1L'entrée du Canale di Sabbioncello 140217 4

 

 

Mathilde à la barre en vue de Korcula 140217

A 14h45 nous sommes au port ouest de Korcula. Je tente de me mettre le long du bout sud du quai comme l’an passé ; mais le capitaine du port nous demande de nous mettre sur ancre et aussières un peu au sud du quai des ferries ; il y a 2,80m de fond au droit du quai qui nous est indiqué. Il y a un peu de vent de travers, et nous mettons un peu de temps à garer le bateau perpendiculairement au quai. Vingt minutes après nous sommes tous réunis devant la maison natale de Marco Polo. Transformée en musée vivant, elle se visite et n’est hélas ouverte qu’en été. Devant nous tout est fermé. 

 

Korcula, la maison natale de Marco Polo 2Korcula, la maison natale de Marco Polo 1

Korcula, l'entrée de la vieille ville fortifiée, 140217

Korcula, visite de la vieille cité 140217 1


Korcula, visite de la vieille cité 140217 2

Cinq minutes plus tard nous sommes au pied de la volée de marches qui conduit à l’entrée de la vieille cité de Korcula. L’intérieur, mélange de médiéval et de vénitien, est superbe. Tout est en marbre, souvent finement ciselé, les personnages qui ornent les façades des églises regardent les passants, imperturbables. Une petite grille en fer forgé donne accès à un hôtel Relais et Châteaux. 

Korcula, détail d'une ancienne entrée 140217

Korcula, visite de la vieille cité 140217 5

Korcula, visite de la vieille cité 140217 3

 

Korcula, le tour des remparts 140217 4Korcula, le tour des remparts 140217 2

Korcula, le tour des remparts 140217 3

Korcula, l'entrée de la cité 140217 2

A 15h40 nous entamons le tour des remparts, puis, celui-ci terminé nous remontons dans la vieille ville par une petite ruelle avant de prendre un pot au pied du grand escalier, dans les derniers rayons du soleil couchant. Le bar sur la petite esplanade est un des seuls (peut-être le seul) ouvert en ce moment. Nous faisons ensuite quelques courses au Konzum situé en contrebas coté marina. A 16h55 nous sommes de retour au bateau, dans un ciel bleu/rose sans un nuage, avec des petites vagues de dix centimètres qui vont nous accompagner pour ce début de nuit.

Korcula, le tour des remparts 140217 5

Korcula, l'entrée de la cité 140217

Korcula, courses au Konzum local, 140217Korcula, retour au bateau 140217

Départ de Korcula au crépuscule, 140217

Guillaume est à la barre. Dans la grande traversée au cap 129° de 15 M qui mène de Korcula à Mljet nous retrouvons un peu de vent, pas beaucoup, 8 à 13 nœuds de bora qui ont tendance à tomber, de travers au début, puis passant à 18h carrément au vent arrière. J’ai installé une retenue de bôme. Guillaume a fait une petite erreur de barre, qui a donné un empannage pas trop brutal – nous n’avons rien cassé. On s’apprête à faire une petite école de nœuds. 

Entre Korcula et Mljet, 140217 3

Entre Korcula et Mljet, 140217 1

Nos 8 nœuds de vent arrière apparent (13 nœuds de vent réel) nous propulsent à 5 kt, mais ne nous permettent pas de couper complètement le moteur, que nous gardons au ralenti à 1200 trs/mn. A 20h nous sommes dans le chenal de l’île de Mljet qui mène à Luka Polace, un très beau mouillage très protégé à l’extrémité ouest de l’île. La nuit est superbe, sans lune, constellée d’étoiles. 

Entre Korcula et Mljet, 140217 4

J’ai repris la barre, un peu avant le phare sur un récif qui marque l’entrée est du chenal. Je navigue dans le chenal sombre en suivant Vénus, qui à quelques degrés à droite du mât m’indique le cap à suivre. J’ai posté Guillaume et Pierre au balcon avant, pour m’indiquer d’éventuels obstacles. Précaution utile, la zone nord-ouest de la baie de Luka Polace est barrée par un filet que mes équipiers repèrent au dernier moment. 

Mljet, dans le chenal d'accès à Luka Polace 140217

Nous mouillons non loin de là par 12m de fond, l’endroit est magique pour une arrivée de nuit. Je m’attaque ensuite à la préparation des spaghettis bolognaise qui feront le plat de résistance de ce soir. J’ai des doutes sur la viande que j’ai achetée en désespoir de cause au supermarché : elle devient dans la poêle une espèce de pâte rose très suspecte. Néanmoins, une fois cuite, assaisonnée et bien relevée d’épices, elle donnera une bolognaise correcte que tout le monde semble apprécier.

Tuesday 14 February. Wake up at 7am in Vela Garska (Hvar). We leave for Korcula, the native city of Marco Polo. We disembark in Korcula around 3pm and visit the old town, very pretty with finely chiseled marbles. At 5 pm we take back our boat to Luka Polace, a very sheltered bay northwest of Mljet Island. We anchored in Luka Polace around 20:30.

Photos : Lever du soleil sur Vela Garska, 140217 (1 à 7) ; Vela Garska, Pierre et Mathilde relèvent l'ancre ; Vela Garska, la konoba Mareta, 140217 (2 et 1) ; Vela Garska, départ de la baie 140217 (1 à 6) ; Pêcheurs au petit jour devant Hvar, 140217 ; L'îlot Otok Pokonji Dol et son phare 140217 (1 et 2) ; Préparation des dorades à bord du Bavaria 44 Alma 3, 140217 ; Déjeuner avant l'entrée dans le Canale di Sabbioncello, 140217 ; L'entrée du Canale di Sabbioncello, 140217 (1 à 4) ; Mathilde à la barre en vue de Korcula, 140217 ; Korcula, la maison natale de Marco Polo 140217 (1 et 2) ; Korcula, visite de la cité (1 à 12) ; Korcula, courses au Konzum local 140217 ; Korcula, l'équipage regagne l'Alma 3, 140217 ; Korcula, la cité s'éloigne dans le crépuscule, 140217 ; Entre Korcula et Mljet, Guillaume à la barre 140217 ; Entre Korcula et Mljet 140217 (1 et 2) ; Mljet, dans le chenal d'entrée de Luka Polace, 140217 ; Kocula, pot au coucher du soleil devant l'escalier qui mène à l'entrée de la cité, 140217. Auteur des photos : Philippe Bensimon.

Korcula, pot au pied de l'ecalier d'entrée de la cité, 140217

 

 


19 avril 2017

Explore Fonds Roland Jourdain pour les nouveaux explorateurs examinera le 20 avril les candidatures des expéditions

Vue de fort de Fornells 110417

A quelques jours du départ de l'expédition Under the pole III prévu le 7 mai, la fondation Explore Roland Jourdain va étudier les projets d'expédition qu'elle va soutenir. Notre expédition Tour des deux Amériques solidaire vient de remplir le formulaire de description des projets mis en ligne par la Fondation Roland Jourdain. Nous en avons fait un pdf, qui décrit de façon assez complète les grandes lignes de notre projet. Vous pouvez accéder à ce dossier par le lien suivant :Dossier_pour_fondation_explore_Roland_Jourdain_170417. Il est intéressant pour tous ceux qui veulent mieux connaître notre projet, exceptionnel par sa durée, son volet anthropologique et la qualité des opérations de sensibilisation à la nécessité de protéger les océans et les milieux polaires qui vont l'entourer. Il est intéressant aussi pour tous ceux qui veulent éventuellement nous aider dans sa prépartation.

La Fondation Explore Roland Jourdain ne financera pas notre projet ; mais si celui-ci est retenu, nous bénéficierons de l'expertise de la fondation Explore en matière d'expéditions, notamment en ce qui concerne les milieux polaires. La Fondation pourrait aussi nous aider en nous fournissant des contacts utiles en France et aux Amériques.

Entrée du port de Fornells 130417

Deux oublis manquent dans le formulaire rempli pour la Fondation Roland Jourdain :

1. L'expérience de conférencier de Philippe Bensimon. En dehors des cours qu'il a donnés dans des Masters et des ESC il a donné à plusieurs reprises des conférences publiques : "Simulacre, mensonge et réalité" (conférence philo sur le concept de réalité de l'antiquité à jos jours), "Les Stratégies militaireds apliquées aux affaires", etc. Cette habitude des conférences lui permettra d'assurer sans difficulté le très important cycle de conférences prévu dans notre programme durant nos cinq années d'expédition, puis durant l'année suivant notre retour en France.

2. des interventions sont prévues sur les sites de nos sponsors en fonction de leurs besoins, avant notre départ et dans l'année suivant notre tetour en France.

Fornells 130417

Photos : auteur Philippe Bensimon.

16 avril 2017

Le pianiste et compositeur Marc Vella devient partenaire de l’expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier

Marc Vella 070417 1

Marc Vella fait partie des belles rencontres de cette année. Recherchant début mars un blablacar pour me véhiculer de Lons-le Saunier à Paris j’ai eu la bonne fortune de voir apparaître le camion décoré de la photo du piano dans les sables, photo qui a fait le tour du monde. Marc Vella venait de jouer la veille à Lons-le-Saunier, et devait être le soir à Paris pour une conférence sur les fausses notes - fausses notes musicales et fausses notes de la vie.

Pianiste et compositeur, Prix de Rome, poète auteur du Chant des Libres, Marc prend les petites routes  et navigue hors des sentiers battus. Il y a plusieurs décennies qu’il trimballe son piano partout dans le monde, au bénéfice de la paix et de tous ceux qui n’ont pas forcément une approche facile de la beauté et de la musique. Il a joué ainsi dans des endroits très insolites, souvent symboliques : au sommet d’un immeuble en construction, dans des arbres, devant des tribus d’Afrique, dans des cités, etc. Durant l’été 2018 sa « Caravane amoureuse » - qui a bénéficé du soutien de l'Unesco - ira planter son piano sur un des sommets de l’Himalaya. Chemin faisant, Marc Vella m’a confié son rêve de jouer un jour sur la banquise. Début avril j’ai réfléchi à la possibilité que notre expédition lui amène son piano. Marc m’a donné les dimensions de son instrument : une fois les pieds démontés il tient dans une caisse de 2m x 1,60m x 0,60m, c’est à dire les dimensions d’une petite annexe, qui trouve sa place habituellement à l’avant du mât sur un sloop. 

Le piano du Concert sur la banquise 070417

Marc Vella 070417 7

Le poids total de la caisse et de son contenu représente 400 kg : des caractéristiques que Marc Vella connaît par cœur car il a l’habitude de mettre son piano dans des avions. Restait à trouver la meilleure façon d’embarquer au port cette masse considérable, et de la débarquer sans heurt sur la banquise. J’ai appelé le 6 avril Cornouaille Gréement, un gréeur basé à Concarneau, qui m’a confirmé la possibilité de se servir d’une drisse de fortune pour wincher la caisse à la verticale le long du mât, puis, une fois la caisse levée au-dessus du niveau des filières, la déborder du bateau avec un câble fixé celui-ci à quelque distance sur la banquise, avant de la déposer en douceur en donnant du mou sur le winch. Les haubans du bord opposé au débarquement rattraperont aisément la charge de la caisse et éviteront le cintrage latéral du mât.

De son côté, Franck Patay a soulevé une objection technique, liée au décentrage des poids : mettre 400 kg à l’avant du mât va avancer le centre de gravité du bateau, et aussi le remonter. Appelé à ce sujet, Philippe Rey du chantier Alubat est au début très réticent. Quand il comprend qu’il ne s’agit pas de naviguer 5 ans avec un piano mais juste quelques semaines, son visage s’éclaire au téléphone. Pour quelques semaines c’est jouable.

Marc Vella au piano, 7 avril 2017

Robert Wolken 070417 2Evelyne et moi avons apporté ces bonnes nouvelles à Marc Vella le 7 avril, au cours d’une escale de quelques heures dans son domaine des Essarts à Genac, un peu au nord d’Angoulême. Superbe domaine vieux de près de deux siècles, que Marc et ses amis s’emploient à restaurer. Après avoir bénéficié d’un magnifique concert privé où Marc Vella nous a transportés à travers des tableaux de sa « Porte des Mondes », nous avons expliqué à Marc où nous en étions du projet. Marc de son côté nous a présenté son accordeur et complice Robert Wolken. Robert est un physicien qui, à la suite d’un accident s’est reconverti. Accordeur rigoureux dans l’exercice de son nouveau métier, il suit Marc Vella partout où va son piano – jusqu’au sommet des arbres quand c’est nécessaire. 

Robert Wolken 070417

Robert Wolken sera donc du voyage, et je découvre avec plaisir que Marc et lui prendront le temps de faire avec nous l’intégralité du passage du Nord-Ouest. Outre le plaisir de passer du temps avec ces deux compères qui ont des choses à dire et un vécu extraordinaire, cela résout un certain nombre de problèmes logistiques. De plus, l’accord sur les glaces du nord plutôt que du sud évitera de naviguer dans les cinquantièmes hurlants avec le piano ficelé sur le pont : on peut s’attendre à des creux moins importants dans le passage du Nord-Ouest qu’entre le Horn et l’Antarctique.

Le concert sera donné au bénéfice de la paix dans le monde et de la sauvegarde des océans et des milieux polaires, et sera diffusé sur les réseaux sociaux.

Restent quand même un certain nombre de problèmes à résoudre, dont le choix des aéroports d’embarquement et de débarquement pour Marc, Robert et leur piano, et trouver une compagnie aérienne desservant ces aéroports qui accepte de transporter l’instrument.

Photos : Marc Vella 070417 5 ; Le piano du Concert sur la banquise 070417 ; Marc Vella 070417 7 ; Marc Vella au piano, 7 avril 2017 ; Robert Wolken 070417 (2 et 1) ; Le Chant des Libres 150417. Auteur : Philippe Bensimon.

Marc Vella Le chant des libres 4

Le Projet Tour des deux Amériques devient structure-relais Phenomer

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Les efflorescences de microalgues : quand l’invisible devient visible

Dans certaines conditions les microalgues marines peuvent proliférer de façon spectaculaire : on parle d’efflorescence de microalgues ou de blooms phytoplanctoniques. La concentration élevée en microalgues donne à l’eau de mer une apparence inhabituelle, visible à l’œil nu : colorations vertes, brunes ou rouges appelées « eaux colorées » ou présence apparente de mousse. Cela peut aussi se traduire par une mortalité massive de poissons.

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En 2013 l’Ifremer et ses partenaires lancent à l’échelle de la Bretagne Phenomer, un projet de science participative exploratoire qui invite les citoyens à signaler des phénomènes d’eaux colorées dus aux proliférations de microalgues.

-       Quelles espèces de microalgues marines sont présentes dans les eaux colorées ?

-       Quelles conditions environnementales favorisent leur prolifération ?

-       Comment leur biodiversité évolue-t-elle dans le temps ?

 

Ces questions sont essentielles. Malgré sa taille microscopique, le phytoplancton est indispensable à la vie sur Terre. Il est à la base de la chaîne alimentaire marine, et il produit plus de la moitié de l’oxygène terrestre. Des programmes de recherche étudient les efflorescences de microalgues. Mais ces dernières, souvent localisées et de courte durée, sont difficiles à repérer.

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Le projet Phenomer étudie ces efflorescences avec la contribution de bateaux qui réalisent des prélèvements lorsqu’ils croisent des blooms. Notre association Tour des deux Amériques solidaire en voilier a eu connaissance du projet Phénomer par l’intermédiaire de Yann Louault, le trésorier de l’association Astrolabe Expéditions. En partenariat avec le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, de la Fondation de France, du Collège des Iles du Ponant, du CNRS, de Lemar, de la Station Biologique de Roscoff, de l’Université de Bretagne Occidentale, de Cap vers la Nature, du Centre de Recherche en Psychologie, Cognition et Communication, de Riem, le projet Phénomer est coordonné par l’Ifremer. Il est dirigé à l’Ifremer par Mme Amelia Curd.

L’association Tour des deux Amériques en voilier est devenue en mars 2017 structure-relais du projet Phenomer. Nous embarquons désormais avec nous le matériel nécessaire aux prélèvements éventuels en cas d’efflorescences sur notre passage. Notre association communique également sur le projet : plus il y aura de personnes souhaitant s’investir dans le projet Phenomer, plus il y aura d’observations et de prélèvements réalisés, et meilleures seront les conclusions que les scientifiques pourront tirer de ces observation. N’hésitez donc pas à nous contacter où à contacter directement le projet Phenomer : tel : +33 (0)2 98 22 44 99, ou phenomer@ifremer.fr. Phenomer dispose également d’un site : www.phenomer.org.

13 avril 2017

Le Laboratoire d'Océanographie et du climat Locean (CNRS, IRD, UPMC, MNHN, IPSL, etc.) partenaire de notre expédition

Logo Locean grossi

Nous avons rencontré Gilles Reverdin le 11 mars, à la suite d'une présentation qu'il faisait de son travail au sein du laboratoire d'Océanographie et du climat  Locean (Unité Mixte de Recherche 7159, CNRS / IRD / Université Pierre & Marie Curie / MNHN / Institut Pierre-Simon Laplace).

Gilles Reverdin travaille actuellement à la mesure de la salinité des océans pour établir un modèle mathématique mettant en relation climat et courants marins. Pour faire court, l'idée est que l'évaporation de surface liée à l'augmentation de la température provoque localement dans les zones chaudes une augmentation de la salinité, laquelle modifie la densité de l'eau de mer et la manière dont les courants s'enfoncent dans les couches profondes de la mer. Pour construire le modèle, Locean a besoin de données, et notre expédition est à même d'en fournir durant cinq ans. Les mesures seront réalisées à partir d'une sonde soudée sous notre coque, mesurant la conductivité de l'eau de mer. Autoalimentée en énergie, cette sonde devra enregistrer sur sa puce les données d'environ une année, et la puce sera changée régulièrement lors des carénages du bateau. Le laboratoire Locean est devenu cette semaine partenaire officiel de notre expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier.

Gilles Reverdin 110317

Nous nous sommes permis de reproduire le texte suivant, extrait du site du laboratoire Locean, jugeant qu'il était le plus à même de décrire le travail du laboratoire et de ses équipes.

Pourquoi une Plateforme « Océan et Climat » ?

Bien qu’il soit un élément-clé de la machine climatique planétaire, l’océan a jusqu’ici été relativement absent des discussions sur le changement climatique. Intégrer l’océan parmi les enjeux et les défis discutés dans le cadre des négociations climatiques apparaît aujourd’hui, pour l’ensemble des acteurs réunis au sein de la Plateforme Océan et Climat, comme une réelle nécessité.

Couvrant 71 % de la surface du globe, l’océan mondial est un écosystème complexe qui fournit des services essentiels au maintien de la vie sur la Terre. Plus de 25 % du CO2 émis chaque année par l’Homme dans l’atmosphère est absorbé par l’océan et il est également le premier fournisseur net d’oxygène de la planète, jouant un rôle tout aussi important que les forêts. L’océan constitue donc le principal poumon de la planète et se trouve au coeur de la machine climatique planétaire.

Si l’océan continue à limiter le réchauffement climatique global, depuis plusieurs décennies, la pression anthropique, principalement les émissions de CO2, la surexploitation des ressources et les pollutions, ont dégradé les écosystèmes marins. L’océan risque donc de voir son rôle de régulateur du climat perturbé. Il est donc urgent de maintenir la qualité fonctionnelle des écosystèmes marins et de restaurer ceux qui se dégradent.

L’activité du LOCEAN est centrée sur l’étude des processus physiques et biogéochimiques qui contrôlent la dynamique et la variabilité de l’océan et du climat sur une large gamme d’échelles de temps et d’espace pour une meilleure compréhension du système climatique et de son évolution présente, passée et future. Ses priorités s’organiseront autour de trois grands thèmes qui illustrent la fusion aujourd’hui accomplie entre les sciences de la mer et du climat incluant une dimension temporelle permettant d’évaluer l’impact du changement climatique et la vulnérabilité des milieux. Ils s'organisent autour de l'étude de l’océan dont le laboratoire explore les mécanismes physiques et biogéochimiques à de multiples échelles ainsi que leur couplage avec les autres compartiments du système Terre :

(1) la dynamique océanique  pour identifier les processus en jeu et les échelles pertinentes intervenant dans la variabilité océanique et les interactions océan-glace-atmosphère ;

(2) les cycles biogéochimiques pour mieux comprendre, quantifier et prédire les interactions et rétroactions entre le changement climatique, les cycles biogéochimiques et le fonctionnement des écosystèmes marins ;

(3) l’étude de la variabilité climatique pour mieux en comprendre les causes physiques, mieux cerner le rôle des téléconnexions et des forçages externes (notamment le rôle de l’océan), et pour mieux comprendre la vulnérabilité des milieux (présents et passés) et des populations au changement climatique.

L’étroite synergie entre les équipes scientifiques du laboratoire et les services d’observations labellisés par l’INSU et Allenvi (CARAUS/OISO et NEMO, Carbone et gaz réactifs, CTDO2, MOOSE), la mise au point d’une instrumentation spécifique et le développement de modèles numériques (NEMO) permettent au LOCEAN de mener des recherches qui le placent en position clé non seulement dans la communauté scientifique réunie au sein de l’Institut Pierre Simon Laplace en région parisienne (IPSL) mais plus largement dans l’ensemble de la communauté Océan-Atmosphère. L’expertise du LOCEAN est soutenue par un équipement exceptionnel identifié au laboratoire et au sein de plateformes mutualisées de l'OSU que le LOCEAN anime, comme la plateforme ALYSES (Pôle d’expérimentation et d’analyse des sols et sédiments tropicaux mis en place dans le cadre d’un programme SESAME de la région Ile-de- France et cofinancé par l’IRD et l’UPMC. Ce pôle est localisé sur le site de l’IRD France Nord à Bondy et les plateformes UPMC du site de Jussieu. Le LOCEAN est également co-porteur de l’Equipex IAOOS.

Gilles Reverdin examine un projet de sonde, 11 mars 2017

10 avril 2017

Croisière d'hiver en Dalmatie du 11 au 18 février. 13 fév., de Split à Hvar et Vela Garska. Video of Diocletian's Palace & Hvar

Split puis Vela Garska 13 février 2017

Croisière en voilier en Croatie à la découverte des plus beaux sites des côtes Dalmates et des îles du sud jusqu'à Dubrovnik, du 11 au 18 février 2017. Lundi 13 février 2017. Balade dans Split aux abords du Mausolée de Dioclétien et sur le front de mer. Navigation en fin de journée vers Vela Garska, jolie calanque sur l'île de Hvar où nous allons passer la nuit.

Cruise on a sailing yacht in Croatia to discover the most beautiful sites of the Dalmatian coasts and the islands from the south to Dubrovnik, from 11 to 18 February 2017. Monday 13 February 2017. Walk in Split near the Mausoleum of Diocletian and near the sea. In the end of the afternoon, sailing to Vela Garska, a beautiful creek on the island of Hvar where we spend the night.

Auteurs de la vidéo : Philippe Bensimon (séquences tournées à Split) ; Guuillaume Lemarchand (séquences montrant un groupe de channteurs croates près du Mausolée de Dioclétien). Photo : front de mer à Split. Auteur : Philippe Bensimon.

Split, le front de mer 130217